Platonov, une époque

Platonov, une époque
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PLATONOV, UNE EPOQUE

d’après Platonov d’Anton Tchekhov, traduction André Markowicz et Françoise Morvan
Théâtre / Musique
Création 2024
Spectacle mis en scène par Sacha Bordes

GLAGOLIEV PERE. A mon avis, Platonov est la meilleure expression de l’incertitude de notre époque... Il est le héros du meilleur des romans contemporains, un roman, hélas, que personne n’aurait encore écrit...

Résumé

Le cycle des saisons. Le printemps revient après un trop long hiver passé chacun•e chez soi. Toustes se retrouvent pour passer l’été ensemble. Et il en est ainsi chaque année. Tout recommence. Ça ne se passe pas, ça s’est déjà passé. Iels sont tout entier piégé•es dans leur monde. Le temps dans Platonov est un temps déréglé qui, par son effet cyclique, appelle un retour de l’histoire, nous donnant la sensation, plus la pièce avance, que les événements étaient irréversibles.

"Tout est déjà arrivé, mais tout arrivera encore." Jean-Louis Comolli

Anna Pétrovna, jeune veuve ruinée dont le domaine est menacé, a convié ses voisins, amis et créanciers chez elle pour fêter cette renaissance des corps, retrouver la vie après l’atonie physique et sentimentale de l’hiver.
Platonov, maître d’école, est très attendu de la communauté réunie chez la Générale.

Arrive Platonov, arrivent les scandales.

Tout ce beau monde est attiré par lui, qu’on le haïsse, qu’on l’aime, qu’on le désire, qu’on l’estime, qu’on le trouve sympathique ou détestable. Toustes cherchent à vivre, par lui.
Platonov est une boussole qui s’agite et, s’agitant, permet de se repérer, de mesurer où on en est de la vie. Les femmes, elles, il les poursuit, les harcèle, les désire, les rejette.
Il disserte, critique, harangue, insulte, juge, hésite, fuit, revient, crie, pleure. Et il boit.

En tout, Platonov insuffle une vitalité désespérée.

Au sein de cette apparente joyeuse communauté, il sera question d’argent, d’amour, de lettres d’amour mais aussi judiciaires, d’antisémitisme, de lutte de classes, de patriarcat, de monde qui change, d’héritage, de nostalgie et de désir, de courage et de lâcheté, de fuite et de vérité. La vie en société, au tournant de deux époques, au seuil de plusieurs destins possibles.

Les personnages de cette pièce, comme nous, voudraient simplement s’aimer. Mais la conjoncture, mais l’époque, mais la société dans laquelle ils sont nés, mais les bonnes excuses... les en empêchent.
Alors la violence s’installe dans les relations comme la fissure sur le mur dont on ne prend pas garde.
"Qu’est-ce qu’il y a ?
Rien... On s’ennuyote..."

PLATONOV. Les voilà donc, les conséquences... Me voilà bien ! J’ai détruit une femme, un être humain, comme ça, pour rien, juste pour jouer... Mmmaudite langue !... Le beau résultat. Que faire, maintenant ?

Note d’intention

Pourquoi Platonov de Tchekhov ?

Pour "le côté inadmissible de ce théâtre" et son “intolérable modernité", comme l’écrit Françoise Morvan, la traductrice, dans sa préface.
Pour : le vertige, le débordement, la vérité, pour la vitalité, pour le défi.

Pourquoi Platonov de Tchekhov ?

Pour moi. Parce qu’avec cette pièce et Tchekhov, je m’autorise.
Je m’autorise à rassembler une équipe 100% féminine.
Parce que Tchekhov a écrit Platonov pour une actrice. Une actrice. Une femme donc.
Parce que la plupart du temps la société fait sans nous, les actrices, les femmes, les personnes minorées, discriminées, oubliées, piétinées, je veux faire avec nous, par et pour nous.

Pourquoi Platonov de Tchekhov ?

Pour nous, l’équipe. Pour jouer.
Parce que c’est, d’emblée, une affaire collective.
Pour reprendre prise et puissance sur nos récits et sur nos corps.
Pour éprouver ensemble.
Pour s’émouvoir ensemble.
Tchekhov, avec la vérité pour horizon, nous titille, en venant traquer les inégalités, les autorités qui nous inhibent. Il ne laisse aucun répit à ce qui ne nous en laisse pas non plus.
Comment nous on les corrige ces inégalités, au théâtre ? Comment on anéantit l’autorité ?
Par l’imaginaire et par le jeu.
En se donnant des règles, avec lesquelles on joue, on renverse un certain ordre du monde, un certain état des choses.
Alors, on profitera de ce que le théâtre offre comme espace de jeu et de respiration, pour venir jouer la comédie de la vie.
Et jouer, c’est déjà vivre.

Pourquoi Platonov de Tchekhov ?

Pour vous, les spectateurices.
Tchekhov nous pose une question à nous, êtres humains que nous sommes : Où en êtes-vous de la vie ? Comment vous débrouillez-vous avec la vie ? Charge à nous d’y répondre.
Et moi je dis : Vous, ça vous dirait pas de désirer d’autres destins ? Charge à vous d’y répondre.
On viendra aussi régler nos comptes ; le théâtre sert aussi à ça.
Et si on le souhaite, on se réinventera le futur.
Et même, si on a la force d’y croire encore, pour moi, pour nous, pour vous, peut-être qu’il y aura quelques retombées dans la réalité.

VOÏNITSEV. Que faire, Nikolaï ? TRILETSKI. Enterrer les morts et réparer les vivants !

Générique

Mise en scène & direction / Sacha Bordes
Dramaturgie et coordination technique / Samaele Steiner
Collaboration artistique / Hugo Mallon
Créa lumières / Nolwenn Delcamp-Risse
Scénographie / Marine Brosse
Création costumes / Alix Descieux-Read
Création son / Jules Fernagut
Administration & production / Romane Vanderstichele

Avec / Barbara Atlan, Sarah Calcine, Ava Hervier, Isabel Oed, Esmé Planchon, Lison Rault & Maybie Vareilles

Production / l’éventuel hérisson bleu
Co-productions (en cours) / Théâtre du Beauvaisis - SN de Beauvais
Partenariats et soutiens / La Manekine - Pont-Sainte-Maxence (60), Théâtre tout Thérain, Le Rebours - Haussez (76)
Création prévue en 2024

Calendrier

automne 2024 CREATION
14 avril 2023 maquette du spectacle Nouveau Gare au Théâtre, Vitry-sur-Seine
22 août - 2 septembre 2022 résidence de recherche II Le Rebours, Haussez
23 août - 3 septembre 2021 résidence de recherche I La Manekine, Pont-Sainte-Maxence